AAC

L’apprentissage anticipé de la conduite (AAC), permet à l’élève d’apprendre la conduite d’un véhicule en situation réelle, en parallèle de sa formation traditionnelle. Pour cela, l’élève doit être âgé d’au moins 15 ans et l’accompagnateur doit être titulaire du permis de conduire approprié depuis au moins 5 ans. Il faut également souscrire une extension d’assurance (le plus souvent gratuite) pour le véhicule choisi et ce pour pouvoir présenter aux forces de l’ordre les documents adéquats. Dans un premier temps l’élève devra obtenir son code puis faire vingt heures de conduite minimum dans une auto-école. Lorsque le moniteur l’estime capable de conduire avec un accompagnateur, il lui signe une « attestation de fin de formation initiale ». Puis il y aura un rendez-vous préalable de deux heures avec l’accompagnateur afin de donner toutes les directives de travail pour utiliser au mieux cette conduite accompagnée. L’élève devra faire un an de conduite accompagnée minimum avec 3 000 km minimum et assister à deux rendez-vous pédagogiques avec son accompagnateur. Enfin, il pourra se présenter à l’examen du permis de conduire avec beaucoup plus d’expérience qu’un candidat n’ayant pas suivi cet apprentissage car l’élève sera en situation réelle et autonome, sans que le double-pédalage ni l’accompagnateur ne puissent modifier sa conduite.

Historique

C’est une formation française existant depuis 1987 et visant à faciliter l’apprentissage de la conduite automobile à partir de 15 ans en France en vue de l’obtention du permis de conduire, et qui s’inscrit dans le continuum éducatif à la route.

Le principe de cette formation réside sur l’acquisition progressive et étalée sur une longue durée de l’expérience, des savoir-faire et des connaissances nécessaires à la conduite d’un véhicule rentrant dans la catégorie B.

C’est une formation graduelle de l’élève, apprenant les bases de la conduite à l’école de conduite et se perfectionnant avec un accompagnateur (généralement un parent proche, père ou mère), avant de passer son permis. L’intérêt réside dans son taux de réussite plus important par rapport à une formation classique (70 % contre 54 % en 2007) principalement grâce au fait que l’élève pratique de manière plus importante avant de passer son examen.

1.  Accompagnateur

L’accompagnateur doit justifier cinq ans sans interruption d’expérience de la conduite d’un véhicule de catégorie B.

Il est conseillé pour l’accompagnateur d’installer sur sa voiture un kit de rétroviseurs pour la conduite accompagnée afin de lui permettre d’avoir les visions latérales et arrière. Ceci dans le but de mieux jouer le rôle d’accompagnateur et de réagir plus rapidement pour éviter un accident.

Plusieurs personnes peuvent être désignées accompagnateurs, leurs noms doivent être mentionnés sur le contrat liant l’élève, l’école de conduite et l’accompagnateur. L’accord de l’assureur du ou des accompagnateurs est nécessaire.

La formation se déroule en trois étapes : la formation initiale, la période de conduite accompagnée et la présentation à l’examen.

Préalablement à ces trois étapes, l’apprenti conducteur passe tout d’abord l’évaluation de départ classique, qui va permettre de prévoir le nombre d’heures de conduite nécessaires (le nombre minimum étant toujours de 20 heures obligatoires). Il s’agit là d’une prévision, qui peut évidemment être modulée en fonction de l’évolution du conducteur lors de sa formation.

2.  Généralités

Un rendez-vous préalable à la période de conduite est obligatoire avec les formateurs en école de conduite (2 heures).

L’élève peut alors prendre le volant durant la phase de conduite accompagnée, au côté de son accompagnateur. Celui-ci a le rôle et le devoir de conseiller l’apprenti, afin de parfaire sa formation, de lui donner plus d’aisance, plus d’assurance, mais aussi de l’informer sur la conduite. L’apprenti va aussi bien automatiser sa conduite que découvrir toutes sortes de situations particulières qu’il n’aurait pas eu le temps de connaître en auto-école. L’accompagnateur est par ailleurs soumis aux mêmes règles concernant la possession de ses moyens, telle l’alcoolémie, que s’il se trouvait au volant.

L’élève doit effectuer au minimum trois mille kilomètres pendant une période de durée indéterminée, sur des parcours variés (jusqu’en décembre 2009, la durée de cette période fut au minimum d’un an et de trois ans maximum à compter de la date figurant à l’issue de la formation initiale sur le livret d’apprentissage (sur l’attestation de fin de formation).

La conduite accompagnée doit s’effectuer sur des parcours variés (agglomération, route, autoroute et montagne), restreinte au territoire national français uniquement.

Le conducteur doit respecter les mêmes restrictions sur les limitations de vitesse que les conducteurs novices :

  • il est soumis aux limitations de vitesse des jeunes conducteurs :
    • 110 km/h sur autoroute au lieu de 130 km/h ;
    • 100 km/h sur route à deux chaussées séparées par un terre-plein central au lieu de 110 km/h ;
    • 80 km/h sur le réseau routier hors agglomération au lieu de 90 km/h.

Ces vitesses restent inchangées par temps de pluie.

Durant ses parcours de conduite accompagnée, l’élève apprenti doit toujours conserver avec lui le livret d’apprentissage (avec l’attestation de fin de formation) et le document prouvant l’extension de garantie de l’assurance. Ces documents doivent être présentés en cas de contrôle par les forces de l’ordre, en plus des papiers du véhicule et de ceux de l’accompagnateur. Il doit également avoir l’additif au livret d’apprentissage pour la formule « Apprentissage anticipé de la conduite ».

Le disque réglementaire AAC doit être apposé sur l’arrière gauche inférieur de la carrosserie du véhicule pendant les trajets de conduite accompagnée.
Les trajets doivent être notés sur le livret d’apprentissage délivré par l’auto-école, avec mention du nombre de kilomètres, du type de routes, des difficultés éventuelles…) afin de pouvoir en parler avec l’enseignant lors des rendez-vous pédagogiques.

3. Les rendez-vous pédagogiques

Un rendez-vous préalable de 2 heures est obligatoire, entre le formateur responsable de la formation en auto-école, l’accompagnateur et l’élève.

Durant la période de conduite accompagnée, des rendez-vous pédagogiques (2 minimum) entre le responsable de la formation, l’élève conducteur et ses accompagnateurs doivent être organisés sur une durée de trois heures, soit, 2 heures théorique(animation, en salle, avec un enseignant de la conduite sur des sujets de sécurité routière)et 1 heure de pratique, en conduite (évaluation du comportement du conducteur) dans les 6 mois qui suivent l’attestation de fin de formation et après avoir parcouru 1 000 km. Le second rendez-vous pédagogique de même type que le premier, soit 3 heures planifié dans les deux mois, précédent le passage à l’examen pratique (admission).

L’intérêt de ces RVP (rendez-vous pédagogiques) est de confirmer, de conseiller, de corriger ou recadrer les élèves, leurs erreurs et défauts non corrigés ou maladroits des accompagnateurs.

Un RVP est constitué de deux phases :

  • une étape en circulation d’une heure minimum, se déroulant entre quatre et six mois après la date de fin de la formation initiale et à partir de 1 000 km ;
  • un entretien individuel ou en groupe animé par un moniteur, évoquant le vécu de l’élève et axé sur la sécurité routière, se déroulant durant les deux derniers mois de la période de conduite accompagnée et après un minimum de 3 000 km.

Un RVP supplémentaire peut tout à fait être mis en place en plus des deux RVP minimum légaux, à l’initiative du moniteur, de l’élève ou de l’accompagnateur si le besoin s’en fait sentir.

4. Avantages

Le taux de réussite au permis de conduire est plus élevé chez les jeunes ayant fait la conduite accompagnée que chez ceux qui ne l’ont pas fait (70 % contre 60 %). Le prix du permis de conduire en conduite accompagnée est également nettement moins cher que le prix de la formation traditionnelle (1110 euros en moyenne pour la formation en AAC contre 1665 euros en formation traditionnelle).

En cas d’échecs répétés, l’examen du code de la route reste valable cinq ans ou cinq examens pratiques. Dans le cadre d’une transformation du dossier AAC en permis B classique (après un échec par exemple), le code reste valable (alors qu’il fallait le repasser pour changer de filière, jusqu’en décembre 2009).

De plus, la durée du permis probatoire passe de trois à deux ans.

Il semblerait également que les jeunes conducteurs ayant profité du système de la conduite accompagnée aient moins d’accidents que les autres (risque divisé par 5). Les sociétés d’assurance leur proposent donc des tarifs plus bas. La surprime imposée aux jeunes conducteurs est souvent réduite de moitié la première année et disparaît la plupart du temps dès la deuxième année pour les bénéficiaires de la conduite accompagnée. Pourtant, d’après une étude statistique menée par une société d’assurance, la diminution du risque d’accident avoisinerait les 10 %.

Les parents qui font assurer leurs voitures pour leurs enfants (titulaires du permis) ne subissent aucune taxe supplémentaire. Le prix de l’assurance reste le même en conduite accompagnée.

Un avantage indirect de la conduite accompagnée est souvent évoqué : une révision du code de la route et un meilleur suivi des règles de conduite par les accompagnateurs.

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